Farrah Fawcett, Donna Summer, Jane Birkin : trois visages, trois styles, mais un point commun, un maquillage des années 70 reconnaissable en une seconde. Teint doré, yeux hypnotiques chargés de couleur, lèvres brillantes et sourcils affirmés. La décennie seventies ne se résume pas à un seul look. Elle oscille entre le naturel bohème des débuts hippies et l’explosion pailletée du disco. Reproduire ce style aujourd’hui demande de comprendre ces deux versants et de choisir son camp ou de mixer les deux.
Ce qu’il faut rassembler avant de commencer

Inutile d’investir dans 15 produits. Un maquillage année 70 convaincant repose sur 6 à 8 essentiels bien choisis :
- Un fond de teint léger à couvrance moyenne, de préférence en crème ou en fluide. Les textures mates et couvrantes des années 50-60, c’est terminé. Le rendu visé est lumineux, presque translucide.
- Une poudre bronzante chaude (éviter les nuances trop orangées). Compter entre 8 et 25 € pour un bon bronzer en grande distribution.
- Un highlighter ou un enlumineur nacré. Le point clé qui distingue un teint 70’s d’un teint simplement bronzé.
- Une palette de fards à paupières avec au minimum un ton neutre chaud et une couleur franche (bleu, vert émeraude, violet ou doré). Les palettes à 12 teintes couvrent largement les deux registres hippie et disco, pour 15 à 35 €.
- Un eye-liner ou khôl noir , de préférence en crayon pour un trait estompable.
- Un mascara volumateur ou des faux cils naturels. Le mascara se superpose en 3 à 4 couches sans complexe.
- Un rouge à lèvres nude ou rosé et un gloss transparent ou irisé. Le duo indispensable pour des lèvres seventies.
- Un crayon à sourcils une demi-teinte plus foncée que la couleur naturelle des sourcils.
Pour une version hippie de jour, le fond de teint, le bronzer, le mascara et un fard neutre suffisent. Le look disco complet nécessite toute la panoplie.
Étape 1 : un teint doré façon retour de vacances

Le teint années 70 est l’exact opposé du teint porcelaine des décennies précédentes. L’objectif est un effet bonne mine ensoleillé, pas un bronzage artificiel.
Appliquer d’abord le fond de teint au pinceau ou à l’éponge humide, du centre du visage vers l’extérieur. La couvrance reste légère : les taches de rousseur restent visibles, c’est le but. Déposer ensuite la poudre bronzante sur les zones naturellement touchées par le soleil, pommettes, arête du nez, front et mâchoire. L’erreur la plus fréquente est d’en mettre partout, ce qui donne un teint uniformément marron au lieu d’un hâle naturel. Limiter le bronzer à ces quatre zones et estomper généreusement.
Ajouter une touche d’highlighter sur le haut des pommettes, l’arête du nez et l’arc de Cupidon. Dans les années 70, ce glow nacré n’avait pas de nom marketing, mais il existait déjà dans les routines. Le blush, lui, se fait très discret : une pointe de rose ou de pêche, appliquée en remontant vers les tempes et non pas en rond sur les pommettes, contrairement au draping des années 80.
Étape 2 : des sourcils épais et structurés

Le virage est radical par rapport aux sourcils ultra-fins des années 60. Le sourcil seventies est naturel, fourni, légèrement arqué. Brosser les poils vers le haut avec une brosse à sourcils. Combler les éventuels trous avec un crayon en traçant de petits traits imitant les poils, toujours de bas en haut et de l’intérieur vers l’extérieur.
Le piège classique : tracer une ligne trop nette qui ressemble à un pochoir. Le rendu doit rester organique. Fixer avec un gel transparent ou teinté pour maintenir les poils en place toute la soirée. Compter 2 à 3 minutes pour cette étape, pas plus.
Pour celles qui ont des sourcils naturellement fins, le mieux est de dessiner une forme légèrement plus épaisse que d’habitude sans chercher à tripler le volume. Un sourcil crédible prime sur un sourcil historiquement exact.
Étape 3 : des yeux qui racontent toute la décennie
C’est ici que tout se joue. Le maquillage des yeux années 70 concentre 80 % de l’identité du look.
Version hippie naturelle

Appliquer un fard taupe, beige doré ou brun chaud sur toute la paupière mobile. Estomper un ton légèrement plus sombre dans le creux de la paupière. Souligner le ras des cils supérieurs avec un trait de khôl noir, pas trop épais, légèrement fondu. Le regard hippie se veut profond et enveloppant, sans être graphique. Terminer par 3 couches de mascara sur les cils supérieurs et 1 à 2 couches sur les cils inférieurs, qui doivent rester bien visibles.
Version disco éclatante

Là, toutes les règles changent. Choisir un fard bleu électrique, vert émeraude, violet ou doré et l’appliquer franchement sur toute la paupière mobile. Ajouter une teinte plus claire (argentée, champagne) au coin interne de l’œil pour ouvrir le regard. Tracer un trait d’eye-liner bien épais sur la paupière supérieure, prolongé en pointe vers la tempe. Le khôl noir dans la muqueuse inférieure intensifie encore l’effet.
Les paillettes sont le marqueur ultime du disco. Un fard irisé ou un pigment pailleté déposé au centre de la paupière mobile suffit pour évoquer la boule à facettes. Attention : les paillettes cosmétiques libres migrent sous les yeux en 2 à 3 heures si elles ne sont pas fixées avec une base collante adaptée. Privilégier les fards compacts à reflets plutôt que les paillettes volantes, sauf pour une soirée courte.
Les cils XXL, communs aux deux styles

Hippie ou disco, les cils années 70 sont toujours marqués. Appliquer le mascara en zigzag depuis la racine, couche par couche. Trois couches minimum. Pour un effet encore plus dramatique, les faux cils à bande naturelle complètent le résultat sans effort. En soirée déguisée, les cils extravagants (colorés, plumes, XXL) sont de mise.
Sur les cils inférieurs aussi, on charge. C’est un réflexe souvent oublié aujourd’hui : dans les seventies, la frange de cils du bas comptait autant que celle du haut. Certaines femmes traçaient même de faux cils au crayon noir sous l’œil, une astuce théâtrale héritée des sixties et encore visible au début de la décennie.
Étape 4 : des lèvres brillantes et discrètes

Le paradoxe des lèvres années 70 : elles brillent intensément mais ne se remarquent pas par leur couleur. Après avoir misé toute l’intensité sur les yeux, la bouche reste en retrait.
Appliquer un rouge à lèvres nude , rosé ou pêche. Les teintes brunes terreuses fonctionnent aussi très bien, surtout pour un look hippie chic automnal. Éviter les finis mats, totalement anachroniques pour cette époque. Recouvrir d’une couche généreuse de gloss, transparent, irisé ou légèrement rosé. Le fini doit être mouillé, presque collant.
Pour le soir en mode disco, les teintes plus soutenues passent bien : rouge orangé, fuchsia, prune. Mais toujours avec ce fini brillant caractéristique. Le contour des lèvres se dessine avec un crayon une demi-teinte plus foncée que le rouge à lèvres, une technique typique des seventies qui revient en force aujourd’hui.
Étape 5 : les finitions qui font la différence
Quelques détails séparent un maquillage approximatif d’un vrai look seventies maîtrisé :
Un spray fixateur prolonge la tenue du maquillage de 3 à 4 heures. Sur une soirée à thème de 5 heures, c’est la différence entre un look intact à minuit et un mascara sous les yeux à 22h.
Les accessoires complètent le tableau : bandeau fleuri ou foulard noué dans les cheveux pour le style bohème, boucles d’oreilles XXL dorées pour le disco, headband en chaîne pour le glam rock.
Côté cheveux, les ondulations naturelles au fer large (barrel de 32 mm) ou les brushings volumineux avec raie au milieu parachèvent l’allure. Un volume cranté au niveau des racines, obtenu avec un peu de laque et un peigne à crêper, ancre instantanément le look dans la décennie.
Les erreurs qui plombent un maquillage 70’s
- Confondre teint bronzé et fond de teint trop foncé. Le bronzer s’applique par-dessus un fond de teint adapté au teint naturel, pas en choisissant une teinte deux tons trop sombre.
- Oublier les cils inférieurs. Sans eux, le regard perd cette signature ronde et ouverte typique des seventies.
- Appliquer du blush façon années 80. Le blush seventies remonte vers les tempes en diagonale. Posé en rond sur les pommettes, il casse l’effet recherché.
- Utiliser un rouge à lèvres mat. La brillance est non négociable. Un lèvres mat évoque davantage les années 90 que les 70.
- Charger les yeux ET les lèvres. La règle d’or des seventies reste d’actualité : un seul point focal. Les yeux portent l’intensité, la bouche reste en soutien.
À retenir
- Le maquillage année 70 se divise en deux grandes familles : bohème naturel (début de décennie) et disco éclatant (seconde moitié).
- Le teint est doré et lumineux, jamais mat. Bronzer + highlighter forment le duo de base.
- Les yeux concentrent toute l’attention, avec des fards colorés, un eye-liner marqué et des cils volumineux en haut et en bas.
- Les lèvres restent discrètes en couleur mais toujours brillantes grâce au gloss.
- Un kit complet de maquillage seventies coûte entre 30 et 80 € en grande distribution, selon la qualité des produits choisis.
FAQ
Quel maquillage pour une soirée à thème années 70 ? Pour une soirée déguisée, miser sur la version disco maximale : fard à paupières bleu ou vert pailleté, eye-liner épais, faux cils XXL, gloss brillant et beaucoup d’highlighter. Ajouter des paillettes sur les pommettes et le décolleté renforce l’ambiance. Un smoky eyes coloré, violet et doré, par exemple, attire immédiatement le regard sans exiger une grande technique. Compter environ 20 à 30 minutes de réalisation.
Le maquillage des années 70 convient-il au quotidien ? La version hippie naturelle s’adapte très bien au quotidien. Un teint hâlé, un fard taupe, un trait de khôl discret et un gloss rosé composent un look portable au bureau ou en journée. Le temps de réalisation tombe à moins de 10 minutes. La clé est de doser : les cils restent marqués mais sans faux cils, le bronzer reste subtil, les sourcils naturels.
Comment moderniser un maquillage 70’s sans tomber dans le costume ? Garder un ou deux codes forts (le fard coloré sur la paupière ou le teint glow avec gloss) et les intégrer dans une routine actuelle. Remplacer le khôl noir épais par un trait d’eye-liner fin en couleur (bronze ou kaki) actualise le regard. Utiliser des formules modernes, fards en crème longue tenue, gloss non collant, bronzer liquide, apporte le confort que les produits de l’époque n’offraient pas.
Un style qui n’a jamais vraiment disparu
Le maquillage année 70 traverse les modes sans prendre une ride. Les podiums de 2025 confirment le retour du glow naturel et des fards colorés, portés cette fois par une génération qui rejette le minimalisme extrême. La différence avec l’époque originale tient aux textures : les produits actuels tiennent 8 à 10 heures là où ceux des seventies peinaient à passer la soirée. Le fond est le même, oser la couleur, célébrer la lumière, mettre le regard au centre de tout. Le reste n’est qu’une question de paillettes.
