Coiffure guerrière viking : l’anatomie d’un style forgé sur le champ de bataille

Catégorie

En 2017, une analyse ADN menée à l’université de Stockholm a bouleversé la lecture de la sépulture Bj 581 de Birka , datée du milieu du Xe siècle : le grand chef guerrier enterré avec ses armes et deux chevaux était en réalité une femme. La découverte a relancé l’engouement pour un look aussi ancien que revendiqué aujourd’hui : la coiffure guerrière viking. Tresses plaquées, côtés travaillés, volumes maîtrisés, elle circule des plateaux de tournage aux salons de coiffure. Mais entre une vraie silhouette de combattante et un déguisement d’Halloween, tout se joue sur quelques détails très précis.

Ce que l’archéologie a vraiment prouvé sur les cheveux des vikings

Les tombes vikings livrent des peignes en os, des pinces à épiler et même des cure-oreilles, pour les hommes comme pour les femmes. Le cliché du guerrier hirsute ne tient pas : la culture nordique accordait une place réelle à l’hygiène capillaire. Les cheveux longs signalaient aussi un statut. Les femmes libres les portaient avec fierté, quand les esclaves avaient souvent la tête rasée. Autrement dit, raser les côtés d’un crâne n’était pas un choix esthétique neutre, contrairement à son usage dans les salons actuels.

Les sagas scandinaves, dont la Gesta Danorum rédigée par Saxo Grammaticus au XIIe siècle, décrivent Lagertha combattant « les cheveux flottant sur les épaules ». Le texte reste largement fictif, mais il croise les données archéologiques pour dessiner une silhouette récurrente : chevelure longue, structurée par des tresses qui dégagent le visage et protègent la nuque. Aucune symétrie parfaite, aucune tresse impeccable. Les attaches chaotiques, encore utilisées par les coiffeurs de la série Vikings à coup de fil ou de ficelle, sont la vraie signature du style.

Les quatre piliers d’une véritable coiffure de combattante

Le tressage hollandais, pas le tressage français

guerrière coiffure viking femme

La tresse française (brins passés par-dessus) donne un effet plat, trop propre pour un rendu guerrier. La tresse hollandaise (brins passés par-dessous) fait ressortir le relief et plaque mieux le cuir chevelu. La différence saute aux yeux sur une photo : sur cheveux mi-longs, une tresse hollandaise centrale double presque le volume apparent d’une tresse française classique. C’est la base incontournable de tout look inspiré de Lagertha, Astrid ou Freydís.

Le contraste côtés / dessus

guerrière coiffure viking femme

Raser les tempes reste le raccourci le plus évident, mais pas le plus flexible. Deux alternatives moins engageantes donnent un rendu presque identique : des micro-tresses latérales plaquées sur 3 à 4 cm au-dessus de l’oreille, ou un brushing tiré sur un côté avec tresses serrées à la racine. Pour celles qui veulent tester sans couper, la seconde option se défait en moins de 5 minutes sous une brosse.

Le volume au sommet

guerrière coiffure viking femme

Un crâne aplati tue le style. La préparation compte pour environ 80 % du rendu final : mousse volumatrice aux racines, séchage tête en bas, poudre texturisante sur les longueurs. Sur cheveux fins ou raides, cette étape n’est pas négociable. Sans volume, le contraste avec les tresses plaquées disparaît et le look bascule dans le déguisement de carnaval.

L’asymétrie maîtrisée

guerrière coiffure viking femme

Une seule grosse tresse décentrée produit plus d’effet que deux tresses parfaitement symétriques. Un undercut plus prononcé d’un côté, une mèche libre retombant sur une épaule, des accessoires posés « de travers » : la dissymétrie volontaire fait la différence entre une coiffure de gala et une allure de skjaldmö moderne.

Adapter le look à sa vraie vie

guerrière coiffure viking femme

Les cheveux longs ne sont pas une condition. Sur un carré court, des tresses collées sur les tempes et un léger undercut de 2 cm suffisent à évoquer la silhouette. Sur cheveux crépus ou bouclés, les locks ou twists nouées à l’arrière fonctionnent mieux que les tresses à trois brins et gagnent en authenticité visuelle. Sur cheveux mi-longs fins, la tresse couronne (deux tresses latérales réunies au sommet) crée l’illusion d’une épaisseur supérieure.

Côté budget, le style reste accessible. Un set d’anneaux de cheveux en laiton coûte entre 8 et 15 € sur des plateformes comme Etsy. Un bandeau en cuir tressé tourne autour de 12 €. Une poudre texturisante professionnelle se situe entre 20 et 25 € et tient environ six mois à raison de deux utilisations par semaine. L’investissement réel se mesure plutôt en temps : 45 minutes à 1 heure pour une première tentative complète, contre 15 à 20 minutes une fois la main prise au bout de cinq ou six essais.

Les erreurs qui ruinent tout

guerrière coiffure viking femme

La tresse trop propre reste le piège numéro un. Une fois la natte terminée, tirer délicatement sur chaque maillon pour l’élargir et laisser échapper quelques mèches rebelles transforme un rendu « sortie de cours » en allure « sortie de bataille ».

Deuxième piège : le bun trop haut. Placé au sommet du crâne, il bascule dans le registre harajuku ou geisha moderne. Positionné sur l’occiput, à l’arrière du crâne, il conserve la ligne guerrière attendue.

Troisième piège : dormir avec des tresses plaquées très serrées. Les tractions répétées sur la racine provoquent à terme une alopécie de traction bien documentée par les dermatologues. Une taie d’oreiller en soie et un bonnet de nuit ample limitent la casse, mais il reste préférable de défaire les tresses au bout de 48 heures maximum.

Dernier point : les accessoires métalliques mal fixés. Les anneaux posés sur une tresse instable glissent et tombent au bout de deux heures. Insérer une épingle invisible à la base de chaque anneau règle le problème en deux secondes.

L’essentiel en 30 secondes

  • La tresse hollandaise, pas la française, donne le bon relief
  • Préparation volumatrice = 80 % du rendu final
  • L’undercut n’est pas obligatoire : des tresses latérales plaquées créent la même illusion
  • L’asymétrie volontaire bat une symétrie parfaite
  • Budget crédible minimum : environ 40 € pour poudre texturisante, anneaux et bandeau cuir

FAQ

Les femmes vikings se rasaient-elles vraiment une partie du crâne ? Aucune preuve archéologique directe ne le confirme pour les guerrières. Dans la société nordique, le rasage partiel était associé au statut d’esclave. L’esthétique undercut des séries contemporaines relève d’une réinterprétation moderne, pas d’une reconstitution historique fidèle.

Combien de temps tient une coiffure viking sur cheveux lisses ? Avec spray texturisant et laque souple, une tresse hollandaise tient entre 24 et 36 heures. Sur cheveux fraîchement lavés et non préparés, elle commence à glisser au bout de 3 à 4 heures. Le jour idéal pour se coiffer est celui qui suit le shampooing, pas celui du jour même.

Peut-on réussir ce look sans savoir faire de tresses complexes ? Oui, avec les « bubble braids » : une queue de cheval divisée tous les 8 cm par un élastique, puis crêpée entre chaque section. Effet guerrier garanti en moins de 10 minutes, sans aucune technique de tressage.

Conclusion

La coiffure guerrière viking n’est pas un déguisement, c’est une architecture. Elle repose sur trois oppositions tenues simultanément : la rigueur des tresses contre la liberté des longueurs, le plaqué contre le volume, la symétrie de base contre les ruptures volontaires. Copier une photo de Lagertha trait pour trait produit rarement un bon résultat. Comprendre ces tensions puis les adapter à sa propre texture de cheveux en donne un bien meilleur. Pour celles qui veulent pousser plus loin, un atelier en salon avec un coiffeur formé aux techniques scandinaves coûte entre 60 et 90 € et permet de repartir avec un modèle personnalisé reproductible à la maison.

Les plus consultés

Sur le même sujet...